Vendredi 15 avril 2011
Les tensions montent en Bolivie
Nous vous en parlions dans notre lettre circulaire, cette année commence de manière bien chaotique ici.
La deuxième partie du mois de mars, les choses se sont un peu calmées, puis on repris de plus belle.
Le problème principal actuellement, concerne la COB (Centrale Ouvrière Bolivienne) qui demande au gouvernement une augmentation de 15 % des salaires, à la place des 10% prévu.
Il y eut d'abord des marches de protestations, des grèves, mais la participation était moindre, et les activités n'étaient pas paralysées.
Depuis début avril, les manifestations se sont intensifiées, tout d'abord à La Paz, puis se sont étendues peu à peu aux autres villes importantes de Bolivie: Santa Cruz, Sucre, Oruro, Cochabamba.
Cette semaine, les routes ont été bloquées, et les manifestations ont pris de l'importance. La plupart des secteurs se sont joint à la COB: les employés de la santé, les professeurs, les universités.
Ce vendredi, le nœud se resserre encore: des affrontements ont eu lieu près de La Paz, et des professeurs et policiers ont été blessés.
Les policiers ont outrepassés leurs droits et ont employé la force plus que de raison. Le plus préoccupant dans l'histoire, c'est qu'ils ont attaqués les journalistes et détruits plusieurs caméras, agressés les reporters. Des dénonciations publiques contre la police ont été faites et le thème du droit à l'information est touché.
Ces deux derniers jours, des contre-manifestations ont été organisées, de la part de différents secteurs sociaux et ruraux. Ils souhaitent que la COB accepte l'augmentation proposée par le gouvernement et que le pays retrouve une certaine tranquillité.
Les parents d'élèves sont également préoccupés car les enfants n'ont pas eu école depuis déjà deux semaines, sans compter toutes les grèves depuis le début de l'année et menacent de prendre de force les écoles dès lundi si la situation ne se normalise pas.
Le gouvernement a également pris place dans les médias afin de
véhiculer certains messages: tout d'abord, il laisse entendre que certaines
personnes auraient infiltré les protestations avec pour but non de se concentrer
sur l'augmentation salariale mais bien de renverser le gouvernement. Ces faits
sont bien entendu démenti par les dirigeants de la COB.
De nombreux spots publicitaires défilent régulièrement où le vice-président
explique que l'augmentation de 15 % est totalement impossible et que si le
président accède à la demande, les finances s'effondreront et plongeront le pays
dans la catastrophe.
Demain, samedi, le président Evo Morales a enfin accepter de rencontrer les dirigeants de la COB pour une réunion. Jusqu'à présent, le dialogue était ouvert entre les ouvriers et les ministres d'Etat, plusieurs accords ont été proposés, tous rejetés, et les ouvriers ont mis la pression pour parler directement avec le président.
La journée de demain sera donc un pas déterminant pour l'évolution de la situation, et nous espérons qu'un accord pourra être trouvé, avant que la situation n'empire et ne dégénère.