Dimanche 22 février 2009
Nos premières semaines de travail

Voilà déjà un mois que nous avons commencé notre travail au sein du CERECO.

Pour l'instant, nous n'avons pas donné de nouvelles, mais il nous fallait un petit temps d'adaptation avant de pouvoir vous livrer nos premières impressions.

Le lundi 2 février nous nous sommes rendus à l'école pour notre première journée. C'était également la rentrée pour les élèves et les professeurs.
Après l'écoute solennelle de l'hymne national et le lever de drapeau, tout le monde a prêté une oreille attentive au mot du nouveau directeur.

Les jours suivants ont été un peu chaotiques à nos yeux d'européens... En effet, les choses se mettent en place de manière très tranquille. Tous les élèves ne sont pas encore inscrits, les professeurs viennent un peu à leur guise, le matériel scolaire n'est pas encore acheté...

A cela, il faut rajouter l'ambiance générale qui règne dans le pays et qui est peu propice au secteur de l'éducation. Cette année, il y a beaucoup de changement au niveau du ministère de l'éducation, du salaire des professeurs, de leurs horaires. Nous n'arrivons pour l'instant pas à savoir très clairement ce qu'il se passe car lorsque nous allons à la pêche aux informations, chacun y va de sa version et elles diffèrent beaucoup d'une personne à l'autre. Cependant, nous constatons très clairement que tous ces chamboulements perturbent tout le monde et que les professeurs consacrent pour l'instant plus d'heures à manifester et à se réunir qu'en classe avec les enfants.

Pour couronner le tout (eh oui, c'est pas tout...), le CERECO subit de grands changements internes. Il y a un nouveau directeur général, la directrice de la partie éducation a été mutée ailleurs, c'est la petite guerre interne pour savoir qui reprendra le poste...

Et au milieu de tout ça, nous.
Évidemment, par ces temps d'incertitudes, personne n'a beaucoup de temps pour nous accueillir ou encore nous expliquer notre boulot ici.
Nous apprendrons d'ailleurs seulement la deuxième semaine que nous n'allons pas travailler directement dans l'école mais avec une petite équipe qui se consacre purement à l'intégration sociale et scolaire des enfants.
Bon, dans cette petite équipe, l'ambiance est aussi houleuse qu'à l'école. La coordinatrice dit qu'elle va arrêter tous les jours, une autre a carrément quitté le projet pour aller enseigner dans une classe et la troisième souhaite de tout son cœur retourner également dans une classe car elle trouve que de travailler dans le projet d'intégration demande beaucoup.


(Sandrine et sa collègue Marisol)

Il s'agit là des collègues de Sandrine. En ce qui concerne le projet de Jeremy, il est pour l'instant en stand-by car il n'y a personne qui travaille dans l'intégration professionnelle pour l'instant.

Voilà.

Comme vous le voyez, pour l'instant, il est un peu compliqué pour nous de nous faire une véritable idée. Toutefois, on essaie de mettre c'est période à profit pour en apprendre un maximum sur le CERECO et connaitre mieux les enfants et les jeunes avec qui nous allons travailler. Il n'est pas en notre pouvoir d'intervenir sur la situation mais nous avons bon espoir que d'ici peu, tout va se mettre en ordre et que chacun, y compris nous, va trouver une manière de collaborer au mieux pour le bien-être des enfants.

 

Dimanche 22 février 2009
Carnaval d'Oruro ¡ Essayé, pas pu !

Comme nous vous l'avions déjà dit dans un précédent article, nous faisons maintenant partie d'un groupe de tinku, une danse traditionnelle. Notre groupe s'appelle les "Ch'aukas".

Tous les soirs, nous avons rendez-vous sur une place du centre-ville pour une heure et demie d'entraînement. Ça rigole pas !

Le carnaval d'Oruro est célèbre dans toute la Bolivie et même au-delà, et c'est un réel prestige que de pouvoir y danser. Nous prenons donc la chose très au sérieux !

Il y a trois semaines, il y a eu le pré-carnaval à Cochabamba, histoire de pouvoir s'entraîner à défiler, régler les délais entres les différents groupes et les fanfares. Nous avons dansé durant trois heures et demie sous le soleil, et autant vous dire qu'à la fin nous étions lessivés ! Ça nous a aussi permis d'étrenner les chaussures et d'identifier le plaçage de pansements pour Oruro :-)

   

Le dimanche suivant, nous sommes allés jusqu'à Oruro pour le défilé de pré-carnaval. Nous avions rendez-vous à 8 heures "pile" pour prendre le bus. Nous sommes arrivés vers les neuf heures moins quart et le bus est parti à 10 heures et demi "pile".
Une fois à Oruro, nous avons mangé un petit morceau et pris le temps de nous acclimater à la ville, 3600 mètres quand même !

Puis, nous avons rejoint le départ du défilé et suivant la tradition bolivienne, nous avons..... attendu.... ! Les Ch'aukas devaient entrer à 17 heures "pile", et nous sommes entré à 21 heure "pile" comme prévu.
Comme l'attente était longue, on s'est réchauffé en buvant quelques verres...

Une fois le défilé en route, c'est la folie ! C'est un dimanche comme les autres, en plus il est tard, mais les rues sont pleines de gens venus nous applaudir. De tous les côtés, tout n'est que cris, encouragements, félicitations,... En plus, en tant que "gringos" on ne passe pas inaperçu et l'accueil est très chaleureux envers nous. Les gens nous interpellent pour savoir d'où on vient, ou grimpe par-dessus les barrières pour faire une photo avec nous ! Petite heure de gloire !
En réalité, c'est presque 4 heures de gloire! Et à 3600 mètres, tous les mouvements sont un poil plus dur et à la fin on a les jambes en compote et surtout, on est gelés ! A la fin du cortège, une étape dont personne ne nous avait parlé nous attend encore: passage par l'église de la ville dont nous remontons l'allée à genoux pour recevoir la bénédiction du prêtre et promettre à la Vierge de danser 3 ans de suite.

Cette fois, c'est la fin, on regagne vite le bus pour  remettre avec bonheur nos chaussettes (enfin pour les filles) et nos vestes et tenter de nous réchauffer.
Vers les une heure du matin, tout le groupe a regagné le bus et nous pouvons reprendre la direction de Cochabamba.
Nous arrivons à 6 heures. Le temps pour nous de regagner la maison, prendre une petite douche, boire un bon café et hop ! Au boulot ! Dur, dur !

Au bout du compte, nous avons pris froid lors de ce pré-carnaval et toute la semaine, on tente d'échapper à la crève et de se remettre sur pied pour le vrai carnaval.
Malheureusement, malgré tous nos efforts, notre corps ne veut rien savoir. On hésite toute la semaine et finalement, le vendredi soir, on embarque tant bien que mal pour Oruro, avec 38 de fièvre. Il faut que nous tentions le coup, car nous avons beaucoup investi pour ce carnaval et nous serions trop déçus de ne pas y participer !

Le trajet est long et éprouvant. De plus, tout le monde est en mode fête. Ça n'est que rires, chants, alcool.... et nous, tout enrhumés et fiévreux, ne pouvant nous joindre à la liesse collective.

Une fois à Oruro, nous sommes hébergés dans la maison d'une dame et l'ambiance est toujours au beau fixe pour les autres, impossible donc pour nous de nous reposer avant le cortège du soir.

Nous passons une journée comateuse à tenter de tenir debout...
Puis nous allons passer nos superbes costumes pleins de couleurs, de plumes, de breloques, mais le cœur n'y est pas et nous rejoignons l'entrée du défilé.
Une fois encore, nous attendons des heures au froid et cela n'améliore pas notre état, d'autant qu'il nous est impossible de boire pour nous mettre dans l'ambiance.

Nous sommes épuisés et mal en point, mais encore plus que tout déçus et dégouté. D'un côté, nous savons que nous n'allons pas pouvoir danser ce soir et encore moins le lendemain, et de l'autre, nous ne voulons pas rater ce carnaval.

Finalement, nous nous souvenons que presque tous nos amis volontaires sont ici et qu'ils vont rentrer ce soir pour Cochabamba. Nous les appelons pour savoir s'ils ne leur reste pas deux places de secours pour nous.

Le défilé commence et on donne tout ce qui nous reste de force pour notre entrée, sachant que nous en profiterons seulement la moitié. S’il y avait de l'ambiance dimanche passé, ça n'est rien en comparaison. Les gradins débordent, les confettis, bombes à eau, mousse à raser jaillissent de tous les côtés, le public est survolté.

   

Nous dansons la moitié du cortège, l'avenue la plus importante, celle où il y a le plus de monde, la télévision, le président.... et au bout, nous rejoignons nos amis et laissons le reste du groupe poursuivre.
En quatre heures, nous voilà rapatrié dans notre maison et on s'écroule pour ne plus bouger jusqu'au mercredi matin.

C'est pourquoi malheureusement, nous n'avons pas beaucoup de photos de carnaval et de nos costumes...

Mais, pas de panique ! Nous avons eu le plaisir de tourner un clip pour un groupe de musique locale. Nous avons donc passé une journée en campagne, entre chicha, soleil et caméra et voici pour vous plein photos !...