Samedi 28 mars 2009
Pas de nouvelles, bonnes nouvelles !
C'est ce qu'on dit non ?
Bon, on vous l'avoue, trois semaines sans un petit mot, c'est beaucoup...
Mais nous n'avons pas chômé ces temps-ci...
Déjà, on vous a concocté notre première lettre circulaire. Elle sera disponible d'ici lundi, mais ne vous inquiétez pas, vous recevrez toutes les informations par mail!
Et puis, au travail, tout s'est débloqué ! A présent, on
commence à y voir plus clair ! Jeremy travaillera seul cette année à
l'élaboration d'un projet d'intégration professionnelle et en même temps,
propose déjà différents postes de travail à quelques jeunes du Centre. Comme la
nouvelle loi stipule que les entreprises devraient employer 5 % de personnel en
situation de handicap, ça fait au moins un argument pour convaincre les chefs.
Après, il faut savoir que la Bolivie est un pays qui a voté oui à presque toutes
les lois possibles et inimaginables. En ce qui concerne leur application, c'est
une autre paire de manche...
Pour Sandrine, les choses s'éclaircissent également. L'équipe d'intégration est formée de Marisol, enseignante, Teresa, psychologue et de Sandrine.
Au début, il a fallu beaucoup argumenter pour faire comprendre
à ses collègues qu'elle n'allait pas apporter de l'argent, mais une
collaboration de trois ans. Pas facile... pendant des semaines, dès qu'une
activité se présentait, quelques petits mots par-ci par-là pour quémander des
sous et aucune proposition de collaboration, parfois même, des mises à l'écarts.
Et puis enfin, tout est allé mieux. Sandrine fait à présent partie de l'équipe
et chacune à ses tâches définies. Entre appuis dans les écoles publiques où les
enfants du CERECO sont intégrés, préparation de séminaires, appui individuel au
CERECO, les jours passent à toute vitesse.
Il reste bien sûr encore beaucoup de petits couacs et l'organisation paraît toujours aussi archaïque à nos yeux d'Occidentaux mais nous sommes très heureux de participer à la vie du CERECO et de faire des activités concrètes.
Et puis, notre vie...
Eh bien, que du bonheur !
Après des années passées à rêver de Bolivie, une fois arrivé, on doit vous
avouer que nous nous sommes sentis un peu.... flous.
Nous avions connu un petit coin tranquille du Sud, vécu dans une petite baraque
avec une salle de bains au fond du jardin... et nous voilà propulsé en plein
centre de Cochabamba.... dépaysement...
Nous avions travaillé six mois à Creciendo, une petit école avec une manière de
faire originale en ce qui concerne la Bolivie, et nous nous retrouvons en plein
chaos bolivien, dans une école où les profs semblent plus concerné par leur
droit que par les enfants, où les horaires se font et se défont, où si on ne
court pas après l'information chaque minute, on ne sait rien...
Bref, un gros choc pour nous. D'une part, il a fallu s'adapter
à notre nouvel environnement, et il a aussi fallu appréhender l'idée que nous
allions passer trois ans au même endroit.
Ceux qui nous connaissent savent que nous avons passé les quatre dernières
années sac au dos à courir le monde. Étrange pour nous d'avoir une maison, un
boulot, un rythme et de savoir que ça ne sera pas pour quelques mois mais bel et
bien trois ans.
Après quatre mois passé ici, nous pouvons enfin dire : ça y est !
Nous sommes heureux et pleinement satisfaits. Nous apprécions
à sa juste valeur chaque minute passée ici.
Nous avons le sentiment d'accomplir quelque chose à notre travail, nous
découvrons tous les jours un peu plus en profondeur la culture bolivienne, nous
tissons des liens avec nos amis d'ici, nous passons de bons moments également
avec nos amis expatriés.
Nos repères, nos croyances, nos besoins sont parfois rudement malmenés, mais
nous apprécions d'être ainsi secoués par cette expérience, cela nous permet de
garder les yeux ouverts sur les contrastes de ce monde.
Allez, voilà un nouveau cycle qui s'ouvre, et cette fois promis, on ne se laissera plus dépasser par le temps et les nouvelles seront régulières.